L'Elysée offre des cravates aux députés...

Publié le par Gilles et Calou

Selon l’AFP, l'Elysée a envoyé aux 577 députés une mallette pour marquer la présidence française de l'Union européenne. Sobre, signée du designer Philippe Stark, la mallette décline une phrase de Victor Hugo saluant la "fraternité européenne" et contient plusieurs effets à destination des député(e)s.

"Il y a un petit carnet, une pochette et un porte-chemise afin que ces messieurs puissent ranger leur chemise. Et puis cette magnifique cravate. Ils ont oublié qu'il y avait une centaine de députés femmes. Ce n'est pas beaucoup mais nous sommes là et nous n'avons pas besoin de cravates", s'est fait un plaisir de raconter aux journalistes la porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale Aurélie Filippetti.

Le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen a jugé ce cadeau "déplacé" : "On peut mieux utiliser l'idée européenne et les fonds publics. On n'est pas des gamins que l'on amuse avec des cravates", a-t-il dit. Monsieur Sarkosy n’a-t-il donc rien d’autre à faire que d’offrir, sur les fonds publics, des cravates aux députés ?

Vous me direz que « l’affaire » est montée en épingle par les députés de l’opposition. Peut-être… mais dans l’état économique où se trouve actuellement la France, on peut se demander comment il est encore possible de dépenser les fonds publics à de tels enfantillages. Nos députés connaissent-ils encore si mal l’Europe qu’il est encore nécessaire de les sensibiliser à la fraternité européenne ?

Quand nos gouvernants comprendront-ils qu’ils faut changer la manière de conduire les affaires publiques en s’occupant moins du paraitre et plus, beaucoup plus, de l’être et des êtres, des hommes et des femmes  parfois sans ressources ou sans couverture sociale, obligés, comme aux pires heures de la crise de 1929, de fouiller les poubelles pour y découvrir une maigre pitance.

Il me semble qu’il eut été bien plus intéressant de faire réfléchir nos députés ( et pourquoi pas aussi nos éminents membres du gouvernement) sur la phrase de Victor Hugo afin qu’ils se demandent ce qu’est réellement cette fraternité européenne dont ils se targuent. Est-ce une fraternité de la combine et des grandes fortunes ? Est-ce une fraternité des grandes entreprises qui font d’immenses profits, mais qui licencient leurs employés pour en faire d’encore plus grands ?

Mgr Duval, évêque de Constantine, écrivait déjà en 1951 «regardez autour de vous, mes frères… Prêtez l’oreille… Penchez-vous sur le prolétariat et le sous-prolétariat de nos villes et de nos campagnes. Entrez dans ces taudis où sont entassés des familles nombreuses, où règnent la misère physique, la faim, le dénuement… Peut-être entendrez-vous sur leurs lèvres un appel à la véritable justice, une vigoureuse revendication ? Peut-être  verrez-vous dans leur yeux un éclair de colère (qui) ne peut que nous préparer des lendemains redoutables.»

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