Léger, humain et pardonnable

Publié le par Gilles et Calou

Martin Provost


Martin Provost, né en 1957 à Brest, est cinéaste. A ce jour, il a réalisé trois films «Tortilla y cinéma», «Le ventre de Juliette» et «Séraphine» (qu'il vient de tourner avec Yolande Moreau). Son premier roman, «Aime-moi vite» a été publié chez Flammarion en 1992.

Ce livre raconte deux histoires étroitement imbriquées. En effet, il présente d'abord le narrateur qui, enfant évoluait entre un père militaire de carrière régulièrement absent et autoritaire à chacun de ses retours et une mère surprotectrice qu'il s'imagine devoir protéger durant les absences paternelles. Face à un père incontesté, le narrateur évolue jusqu'à son adolescence traversant de nombreuses crises telles que l'avortement de sa sœur, la mort de son frère ou la découverte de son attirance pour les garçons.

Parallèlement, le livre évoque les angoisses du narrateur adulte aux prises avec les non-dits familiaux, sa vie de couple et sa mère victime d'un cancer.


En fait, durant plus de la moitié du livre l'auteur pose le décor de son histoire. C'est ainsi que les cent première pages de cet ouvrage servent au narrateur à brosser le portrait des différents membres de sa famille ou de son entourage. Cette énumération des particularités familiales contribue à créer une ambiance de longueur et de langueur qui semble ne jamais se terminer.

Ensuite, si on a réussi à supporter ce récit, on découvre les crises (mais en sont-elles réellement ?) qui ont émaillé l'adolescence du narrateur. L'attrait pour les garçons, par exemple, ne soulève même aucun commentaire particulier. Il s'agit d'une constatation faite le narrateur un matin, presque par hasard, et qu'il n'aura, ensuite, de cesse de développer dans ce milieu parfois homophobe que peut constituer une famille de militaire. Et pourtant, cette vie et le nécessaire combat pour s'affirmer ne sont pas particulièrement développés. Encore une fois, il s'agit de longues descriptions simplistes et sans profondeur, avec un goût d'inachevé parce que les liens avec les suites du récit ne sont jamais faits ou esquissés.

Bref, une histoire est assez peu intéressante parce que rien n'y ait vraiment approfondi. C'est un peu comme si l'auteur s'était contenté de toujours rester en surface des sentiments et de l'histoire pour se concentrer uniquement une juxtaposition continue de descriptions pointilleuses.

Par contre, si on excepte le fonds de l'œuvre, ce livre constitue un moment agréable pour les amateurs de beaux textes bien écrits, sur ton direct, parfois lyrique, mais souvent nostalgique.

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