Impotens Deus

Publié le par Gilles et Calou

Michel Bellin


Michel Bellin, ancien prêtre, père de quatre enfants, accepte son homosexualité alors qu’il atteint la cinquantaine. Il est l’auteur de plusieurs romans et nouvelles ainsi que d’une trilogie théâtrale. Devenu un athée farouche, il publie ici, grâce à une souscription lancée par son éditeur, son dixième ouvrage sous-titré «De l’angélisme chrétien à l’homophobie vaticane» en réaction à l'instruction vaticane (relue et approuvée par Benoît XVI) qui interdit désormais aux candidats homosexuels l'accès à la prêtrise.

Selon son éditeur, «ce livre sera explosif puisqu'il constitue une charge à la fois percutante et drôle contre le christianisme mystificateur et homophobe.»

Eh bien, pour tout avouer, ou la mèche était trop courte ou le pétard était mouillé, mais j’ai trouvé l’explosion bien insignifiante !!!

En effet, le sous titre laissait espérer une analyse argumentée  et contradictoire de la position de l’Église par rapport à l’homosexualité ou, a minima, une description étoffée de cette de cette évolution.

Il n’en est rien !

Sous la forme d’un catalogue de lettres, d’articles, d’extraits de son journal personnel, l’auteur entreprend une attaque de l’église catholique et de la croyance en Dieu. L’ancien prêtre se rebiffe et l’homosexualité n’est, en fait, qu’un prétexte à un règlement de compte entrepris par l’auteur avec sa propre histoire ou au suivi de ses frasques sexuelles...

Loin d’être l’analyse attendue, le texte se concentre sur les «méfaits» de l’église et de la religion. On a plutôt l’impression de participer à une psychothérapie libératrice tant il est vrai qu’à trop aimer, on finit parfois par haïr l’objet de son amour.

De plus, quant à la forme, le livre débute par une contribution grandiloquente où fleurissent des mots ordinairement réservés à certains cénacles ( par exemple : pécaminieux, superfétatoire, sotériologie, cauteleux, amphigourique...) Malheureusement, la suite du recueil perd en qualité puisque les pages 17 à 22 servent uniquement à présente trois «histoires drôles» ou supposées telles tant elles sont éculées à force d’être répétées depuis des années.

Pamphlet corrosif, catalogue scabreux sans cohérence, ce livre égocentrique ne tient aucune de ses promesses au lecteur. Gageons qu’il aura, au moins, permis à l’auteur de comprendre et d’accepter son cheminement pour mettre un terme à ses diatribes revanchardes.
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