L'assassinat programmé des Templiers

Publié le par Gilles et Calou

L'Assassinat, programmé des templiers

Jacques Rolland

 

Outre les archives secrètes du Vatican auxquelles il aurait eu accès, Jacques Rolland est l'un des seuls historiens des Croisades et du Temple à parler arabe. Cela lui a permis de travailler sur des documents inédits infirmant les documents officiels précédemment exploités ou leur donnant une perspective nouvelle.

 

En fait, l'auteur apporte un éclairage nouveau quant aux différents aspects qui ont, après la chute de saint jean d'acre, poussé Philippe le bel, le pape Clément V et, dans une moindre mesure, l'ordre des  hospitaliers à vouloir se débarrasser de cet ordre encombrant .

 

En effet, pour l'auteur, faire de Philippe le Bel le seul artisan de la destruction du temple est un raccourci historique très sommaire et pernicieux. Selon lui, il faut remonter vers 1250, date de la défaite de saint Louis à la Mansorah. A cette époque, pour les punir de leur «insoumission au roi de France, les Templiers ont fait l'objet d'une attaque en règle, savamment orchestrée. Ce n'est que près de 100 ans plus tard que cette démarche vit son achèvement avec la défaite de saint Jean d'Acre.

 

Cette vision des événements peut parfois paraître étonnante. Il n'en demeure pas moins que l'analyse de l'auteur souligne et met en évidence des événements, des personnes ou des notions qui ont conduit à l'émergence du désir de contrôle et ensuite de destruction de l'Ordre. Elle montre aussi le peu de conscience historique et politique dont l'ordre a fait preuve dans ces années ou la tourmente commencait à naitre.

 

Même si l'auteur n'est pas parvenu à me convaincre totalement, je dois avouer qu'il soulève des questions très intéressantes et ouvre des pistes de recherche et de travail. (par exemple : je ne savais pas que les Templiers affectaient presque tous leurs revenus produits en Europe à la défense de la Terre sainte, au point qu'ils financèrent quasiment seuls les derniers mois de la présence franque en orient. De même, comment expliquer que la veille de la gigantesque rafle de Philippe le Bel, plus de cinquante chevaliers et hauts dignitaires de l'Ordre, aient pu s'enfuir. Parmi eux, le Maître pour la France, le Maréchal de l'Ordre, le Commandeur d'Aquitaine, le Trésorier de l'Enclos du Temple. Si tel fut bien le cas, pourquoi le Grand Maitre de l'Ordre s'est-il laissé arrêter et torturer ?

 

Quoi qu'il en soit, le livre demeure très intéressant et est à conseiller à toute personne qui s'intéresse un temps soit peu aux Pauvres Chevaliers du Christ.

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