Iran: Khatami devrait renoncer à la présidentielle
Mohammad Khatami, le 22 janvier 2008 à Téhéran. (REUTERS)
Khatami jette l’éponge. Selon l’un de ses proches, l’ex-président iranien a décidé de retirer sa candidature à la présidentielle du 12 juin prochain pour ne pas diviser le camp réformateur. Un tel retrait ne laisserait plus en lice que l’ex-premier ministre modéré Mir-Hossein Moussavi et l’ex-président du Parlement réformateur Mehdi Karoubi. Quant au sortant et ultraconservateur Ahmadinejad, il n’a pas encore déclaré ses intentions mais les probabilités qu’il se représente sont élevées.
Selon l’agence Mehr, l’ancien président aurait expliqué que «certains adversaires des réformateurs cherchaient à créer des divisions entre ses partisans et ceux de M. Moussavi. […] Cela n’est pas dans notre intérêt […]. Dans la mesure où certains conservateurs penchent aussi vers Moussavi, qui croit qu’il faut changer les choses, je préfère que M. Moussavi, qui est populaire et plus capable d’appliquer ses programmes, reste en lice». Par le passé, Khatami avait déjà affirmé que «lui-même ou Mir-Hossein Moussavi serait candidat».
Président de 1997 à 2005, ses deux mandats ont été marqués par des tentatives de réformes souvent mises en échec par l’opposition des conservateurs. Bon nombre de ses partisans ont été déçus par ce qu’ils ont pris pour un manque de courage politique, notamment l’absence d’opposition à la répression ayant frappé des étudiants contestataires.
Moussavi, né en 1942, bénéficie, lui, d’un crédit certain auprès des conservateurs. Peu après la révolution de 1979, il a servi comme premier ministre de la République islamique de 1981 à 1989, date à laquelle ce poste a été supprimé à l’occasion d’un changement de la Constitution.
Titulaire d’un diplôme d’architecte, il était jusqu’ici un personnage discret. Peintre, il dirige l’Académie iranienne des arts et parle couramment l’anglais et l’arabe.
Les candidats à la présidentielle devront s’enregistrer auprès du ministère de l’Intérieur à partir du 5 mai. Il reviendra ensuite au Conseil des gardiens de la constitution, un organe dominé par les conservateurs, de confirmer la validité de ces candidatures.
(Source AFP)