L'amant des morts

Publié le par Gilles et Calou

Mathieu Riboulet


Né en 1960 en région parisienne, Mathieu Riboulet suit des études de cinéma et de lettres modernes à Paris III, à l’issue desquelles il réalise pendant une dizaine d’années des films de fiction et des documentaires autoproduits. Il se consacre, ensuite, à l’écriture.

« L’amant des morts » est son troisième ouvrage.

 

Jérôme Alleyrat, fils d’un bucheron de la Creuse, avait seize ans quand son père a pris l’habitude de coucher avec lui, et lui de se donner à son père dans « un consentement tendant à l’abandon ». La mère, baba cool sans cervelle, mais dégoutée par cette situation, décide de s’enfuir. Le père en profite donc jusqu’à ce que le fils parte pour Toulouse, puis pour Paris afin de se donner à d’autres hommes. A Paris, vivant chez ses tantes maternelles, il va rencontrer et vivre la réalité de l’épidémie de sida en la personne de son voisin de chambre, un jeune homme qui, lui aussi, se donne avec insouciance à tous les hommes qui veulent de lui.

 

Violent et parfois cru, ce roman est comme une tragédie grecque courte et dense. Il s’épanouit en cinq chapitres d’une écriture lyrique et ciselée où peu de personnages interviennent.

 

S’il y a des passages saisissants, on ressent l’ombre de la mort dès les premières pages du livre, même si elle entre réellement en scène beaucoup plus tard. En effet, Jérôme meurt à son enfance dans les bras de son père, la mère meurt progressivement à toutes ses illusions soixante-huitardes pour se retrouver seule et psychologiquement dépouillée, le père est mort à toute vie en communauté et uniquement intéressé à satisfaire ses pulsions…

 

En fait, tout au long du livre, Jérôme n'éprouve jamais aucun sentiment parce qu’il craint de perdre la force de l'émotion. De plus, comme l’ouvrage recèle peu d’action, le tout semble environné d’une atmosphère et d’une tension très particulières.

 

Enfin, sur la forme, dans ce roman, l’auteur cite ses idées, les développe, les répète puis les reformule et les répète à nouveau dans une succession dramatique quasi infernale. Le tout génère un sentiment de longueur et de langueur qui cadre difficilement avec l’atmosphère du livre.

 

Bref, ce livre n’est pas mauvais, mais il est juste ennuyeux !

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