Sexe et dépendances

Publié le par Gilles et Calou

Sexe et dépendances

Stephen McCauley

 

 

D'origine irlandaise par son père et italienne par sa mère, Stephen McCauley a suivi des études de lettres dans le Vermont et à New York. Ensuite, il a séjourné un an en France à l'université de Nice. Il a aussi fait toutes sortes de métiers dont agent de voyage et professeur de yoga dans un sous-sol d’église... Aujourd’hui, il enseigne les lettres et anime des ateliers d'écriture à l'université Brandeis de Cambridge, dans le Massachusetts.

 

Stephen McCauley est l'auteur de cinq romans : «L'objet de mon affection» (porté à l'écran par Nicolas Hytner en 1998 avec Jennifer Ariston), «L'art de la fugue», «Qui va promener le chien ?», «La Vérité ou presque» (fait actuellement, en France, l'objet d'une adaptation cinématographique avec André Dussollier et Karin Viard, sous la direction d’Agnes Jaoui). «Sexe et dépendances» est paru en 2006 aux éditions Flammarion.

 

William Collins est un gay célibataire de quarante ans qui mène une double vie. Le jour, il est agent immobilier à Boston et le soir, il surfe sur Internet afin de rencontrer, furtivement, des inconnus qu’il ne reverra pas. Cette vie serait frustrante et monotone si William n’avait pas ses trois précieux amis : son fer à repasser et son aspirateur allemand qu’il utilise chaque fois qu’il se sent stressé ou coupable de ces rencontres nocturnes et Edward, un très bon copain steward qu'il voit entre deux vols.

 

Un jour, un couple au-delà de tous soupçons, Charlotte et Samuel, débarquent à l’agence où travaille Williams. Rapidement, la façade de ce couple qui fascine notre héros va se lézarder et le conduire à s’interroger sur le sens de sa vie.

 

 

Auteur de romans adaptés pour la télévision, Stephen McCauley signe, ici, un très bon divertissement.

 

La finesse de l'écriture transforme rapidement cette comédie en une véritable étude de mœurs de la société bostonienne - et plus largement américaine - fragilisée suite aux événements du 11 septembre. Mais y a-t-il réellement fragilisation ou simple adaptation à un nouvel art de vivre ?

 

Toutefois, loin d’être une oeuvre rébarbative et complexe, «Sexe et dépendances» réussit à aborder les vraies questions avec beaucoup d’humour et de sensibilité. En effet, loin de toute considération religieuse ou morale, tout au long de l’ouvrage perce la question sous-jacente du dilemme qui existe entre se sentir bien et faire le bien. L’intelligence et la sensibilité de l’auteur l’ont conduit à ne pas trancher la question afin que chaque lecteur puisse conserver ou développer sa capacité de réflexion et d’interrogation ainsi que sa liberté.

 

De plus, en étudiant les personnages secondaires du roman, l’auteur nous offre une galerie de portraits, tout en lucidité et en délicatesse (mais sans jamais porter de jugements moraux) où chacun pourra, aisément, reconnaître des personnes de son propre entourage...

 

Bref, un roman drôle et caustique qui parvient à créer une atmosphère sensible très agréable, à tel point qu’il est presque impossible de ne pas le lire d’une traite !

 

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